Mobilisation lycéenne : les enseignants mosellans mettent en avant les difficultés du système scolaire


09 octobre 2026

La mobilisation des lycéens en Moselle trouve un écho chez les enseignants. Pour Jacques Valentin, secrétaire départemental du SNES-FSU, les revendications actuelles s’inscrivent dans un contexte de difficultés qui touchent depuis plusieurs années les établissements scolaires.

Invité de Moselle Info, le syndicaliste pointe notamment la diminution du nombre d'enseignants. Selon lui, plus de 10 000 postes à temps plein ont été supprimés dans le second degré depuis 2017, alors que les effectifs d'élèves ont augmenté. Il estime qu'il faudrait aujourd'hui 40 000 postes supplémentaires pour retrouver le niveau d'encadrement de 2006.

Des classes parfois très chargées

Parmi les préoccupations mises en avant figure également la taille des classes. Le SNES-FSU revendique un maximum de 24 élèves par classe au lycée, alors que certains établissements accueilleraient parfois des groupes de 35 à 36 élèves.

Pour Jacques Valentin, ces effectifs ont des conséquences à la fois sur les conditions de travail des enseignants et sur l'accompagnement des élèves. À cela s'ajoute le manque de personnels dans certains établissements, notamment dans les domaines de la vie scolaire et de l'accompagnement médico-social.

Le syndicaliste cite notamment le lycée de la Communication à Metz, où il indique qu'il n'y aurait actuellement ni infirmière ni assistante sociale.

Parcoursup et l'orientation au cœur des critiques

Le SNES-FSU fait également le lien entre la mobilisation actuelle et les réformes engagées ces dernières années. Jacques Valentin estime que les transformations du lycée, notamment depuis la réforme de 2018, ont contribué à renforcer la pression ressentie par les élèves.

Parcoursup occupe une place importante dans ses critiques. Le dispositif est présenté comme l'un des facteurs alimentant l'inquiétude des lycéens concernant leur orientation et leur avenir après le bac.

Pour le responsable syndical, les récentes annonces gouvernementales, notamment celles concernant les frais d'inscription en classes préparatoires et en BTS, auraient joué le rôle de déclencheur dans un climat de mécontentement déjà présent.

Les enseignants veulent éviter les tensions

Le SNES-FSU affirme soutenir les revendications des lycéens tout en refusant de se substituer à leur mouvement. Jacques Valentin insiste sur une position de soutien et d'accompagnement, tout en appelant à ce que les mobilisations restent pacifiques.

Après plusieurs épisodes de tensions aux abords de certains établissements, le syndicaliste souligne notamment l'importance du dialogue. Il rappelle que des échanges ont pu s'installer directement entre élèves et enseignants dans plusieurs lycées mosellans.

La mobilisation ayant émergé de manière largement spontanée, aucun représentant lycéen clairement identifié ne s'est imposé à l'échelle du département. Pour les enseignants, la poursuite du dialogue dans les établissements apparaît donc comme l'un des enjeux des prochains jours.

Crédit  Photo Stephane DUCLET

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