APL : pourquoi le gouvernement veut-il geler les aides au logement en 2027 ?

Les aides personnalisées au logement (APL) devraient être gelées en 2027. Le gouvernement souhaite ne pas les revaloriser l’an prochain dans le cadre du projet de budget, qui prévoit un effort de 54 milliards d’euros d’économies. Une mesure qui ne signifie pas une baisse directe des aides, mais qui pourrait réduire leur pouvoir d’achat si les prix et les loyers continuent d’augmenter.

Une mesure destinée à réaliser des économies

Le gel des APL s’inscrit dans le plan d’économies présenté par le gouvernement pour le budget 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un objectif de 54 milliards d’euros d’économies, alors que l’exécutif cherche à réduire le déficit public.

Invité sur franceinfo le 19 septembre, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a confirmé que les aides au logement ne seraient pas revalorisées en 2027.

Le ministre a précisé que les APL ne seraient pas diminuées. Le principe serait donc de conserver les montants versés, mais de ne pas leur appliquer la revalorisation prévue habituellement. Le gouvernement présente cette mesure comme une participation à l’effort budgétaire demandé pour l’année prochaine.

Quelle différence entre un gel et une baisse ?

Pour les bénéficiaires, la distinction est importante.

Une baisse aurait pour conséquence de diminuer directement le montant de l’aide versée. Avec un gel, le montant resterait inchangé en euros. En revanche, si les prix augmentent dans le même temps, la valeur réelle de cette aide diminue.

Autrement dit, un bénéficiaire pourrait continuer à percevoir le même montant d’APL chaque mois, tout en devant consacrer davantage d’argent à ses dépenses courantes.

Cette situation peut notamment se faire sentir lorsque les dépenses liées au logement progressent.

Les APL sont normalement revalorisées chaque année

Aujourd’hui, les aides personnelles au logement font l’objet d’une revalorisation annuelle. Celle-ci intervient habituellement le 1er octobre et repose notamment sur l’évolution de l’indice de référence des loyers (IRL).

Pour 2026, l’IRL du deuxième trimestre a progressé de 1,15 % sur un an. Cette évolution sert de référence pour la revalorisation des aides au logement.

Le fonctionnement est donc différent en 2027 si le gel annoncé est maintenu : les bénéficiaires conserveraient leur aide, mais celle-ci ne suivrait pas cette évolution.

Qui est concerné ?

Les APL sont destinées, sous conditions, aux ménages qui occupent notamment un logement conventionné. Leur montant dépend de plusieurs éléments, parmi lesquels les ressources du foyer, la composition de la famille et le montant du logement.

L’aide est généralement versée par la Caisse d’allocations familiales (Caf) ou la Mutualité sociale agricole (MSA). Pour un locataire, elle peut être versée directement au bailleur et déduite du montant du loyer.

À l’échelle nationale, les aides au logement concernent plusieurs millions de personnes. Selon les chiffres cités par TF1, plus de 5,5 millions de personnes bénéficient d’une aide au logement, dont environ 2,7 millions au titre de l’APL.

Une mesure qui doit encore suivre le parcours budgétaire

Le gel annoncé concerne le budget 2027, qui doit encore être examiné dans le cadre de la procédure parlementaire. Le contenu du projet de loi de finances peut donc encore évoluer au cours des débats.

Pour les bénéficiaires, le principal changement envisagé est donc simple : les APL ne seraient pas supprimées ni directement diminuées, mais elles ne progresseraient pas en 2027.

Reste à savoir quelle sera l'évolution des loyers et du coût de la vie l'année prochaine. C'est cette différence entre une aide qui reste stable et des dépenses qui peuvent continuer à augmenter qui déterminera l'impact réel de la mesure sur le budget des ménages.

Credit photo PHILIPPE HUGUEN / AFP