Les rochers sculptés du Pays de Bitche à l’honneur : un patrimoine gallo-romain exceptionnel à préserver

Ils se cachent au cœur des forêts du Pays de Bitche et constituent l’un des témoignages les plus singuliers de l’Antiquité dans le secteur. Les rochers sculptés de Lemberg et de Roppeviller attirent aujourd’hui une nouvelle fois l’attention, avec une ambition clairement affichée : mieux les connaître, les protéger et les faire découvrir au public.

Cette démarche s’inscrit dans un travail engagé depuis plusieurs années par la Société d’histoire et d’archéologie de Lorraine, section du Pays de Bitche (SHAL), en collaboration avec la Communauté de communes du Pays de Bitche et l’Office national des forêts.

Le Pays de Bitche retenu par la Mission Patrimoine 2026

Cette année, le patrimoine mosellan est une nouvelle fois mis en lumière à travers la Mission Patrimoine portée par Stéphane Bern et la Fondation du patrimoine.

La liste des 100 sites départementaux retenus pour l’édition 2026 comprend, pour la Moselle, les « Rochers rupestres sculptés de Bitche à Lemberg ».

Cette reconnaissance donne une visibilité supplémentaire à un patrimoine encore relativement méconnu du grand public.

Elle vient aussi rappeler que les richesses patrimoniales du Pays de Bitche ne se limitent pas à ses ouvrages militaires, à ses églises ou à son patrimoine industriel. Dans les profondeurs de ses forêts, des témoignages beaucoup plus anciens subsistent encore.

Des vestiges rares du monde gallo-romain

Dans le Pays de Bitche, plusieurs rochers portent encore des traces de sculptures ou de représentations liées aux croyances de l’Antiquité. Parmi les sites concernés figurent notamment les rochers de Saint-Hubert, de la Bilmul et des Trois Figures à Lemberg, ainsi que le célèbre rocher de Diane à Roppeviller.

La présence de ces vestiges n’est pas anodine. La Région Grand Est rappelle que les forêts du Pays de Bitche conservent des rochers sculptés témoignant de cultes rendus à des divinités du panthéon romain et à des divinités indigènes.

Pour Joël Beck, président de la SHAL du Pays de Bitche, ces monuments constituent un patrimoine particulièrement rare dans le monde romain. Leur état de conservation constitue toutefois un véritable enjeu : exposées aux intempéries et parfois au vandalisme, les sculptures se dégradent progressivement.

« Il faut absolument mettre ces monuments en valeur aujourd’hui », confirme Joël Beck dans une réaction enregistrée pour Radio Studio 1.

Réaction complète de Joël Beck sur l’origine, l’intérêt historique et les enjeux de conservation des rochers sculptés du Pays de Bitche.

Des dieux et des déesses représentés dans la roche

Les recherches menées depuis le XIXe siècle ont permis de mieux documenter ces sculptures. Elles sont notamment associées à des représentations de divinités.

Le rocher de Diane à Roppeviller constitue l’un des exemples les plus connus. Mais l’ensemble des sites du secteur forme un patrimoine archéologique plus large, dont l’interprétation nécessite un travail scientifique approfondi.

La SHAL du Pays de Bitche mène précisément ce travail. Le Comité d’Histoire Régionale du Grand Est indique que l’association est engagée dans des recherches archéologiques, notamment autour du patrimoine forestier, avec l’ONF et le Service régional de l’archéologie, ainsi que dans un dossier de protection des rochers sculptés de Lemberg et de Roppeviller.

Jean-Paul Petit chargé du suivi scientifique

La démarche repose également sur l’expertise de l’archéologue Jean-Paul Petit, ancien directeur du Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim.

Dans sa réaction, Joël Beck confirme que Jean-Paul Petit intervient pour le suivi technique et l’expertise scientifique des sites. L’objectif est notamment d’accompagner les opérations qui pourraient être engagées sur ces rochers tout en assurant leur encadrement scientifique.

Cette dimension est essentielle pour un patrimoine aussi fragile : avant toute intervention, il s’agit de documenter les sculptures, leur état de conservation et leur environnement afin de déterminer les moyens adaptés à leur sauvegarde.

Une collaboration entre la SHAL, la CCPB et l’ONF

La volonté de protéger ces témoignages antiques ne repose pas sur une seule association.

La SHAL du Pays de Bitche est à l’origine d’un important travail d’étude et de documentation. La Communauté de communes du Pays de Bitche accompagne désormais cette démarche dans le cadre d’une collaboration destinée à renforcer la connaissance et la valorisation de ce patrimoine.

Une convention avec l’ONF participe également à cette démarche. La Communauté de communes avait notamment approuvé en décembre 2025 une autorisation d’occupation pour permettre la valorisation des rochers sculptés du Pays de Bitche.

En mars 2026, une nouvelle convention entre la CCPB et la SHAL a par ailleurs été présentée comme une étape importante pour la préservation de ces rochers gallo-romains. Joël Beck y soulignait la concrétisation, après plusieurs années d’études, du travail autour de leur protection et de leur valorisation.