Installés le 10 février dernier le long de la RD36 à Baerenthal, les filets de protection destinés à sécuriser la migration des amphibiens ont été retirés ce mardi 13 mai dans la matinée. La migration printanière étant désormais terminée, l’ensemble des batraciens a rejoint les zones forestières après la période de reproduction.
Cette première opération de sauvegarde, menée en partenariat avec le Département de la Moselle, le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord, les associations Les Piverts et Les Chabots, ainsi qu’avec le soutien des bénévoles locaux, dresse un bilan particulièrement encourageant.
Près de 3 000 amphibiens ont ainsi pu traverser la route en sécurité grâce aux 750 mètres de filets installés le long de la RD36 et aux seaux de collecte disposés régulièrement sur le parcours. Les bénévoles assuraient chaque matin le relevé des seaux, le comptage des individus et leur remise en sécurité de l’autre côté de la chaussée.
Les premiers résultats dépassent largement les attentes des organisateurs. Avec environ 3 000 amphibiens recensés durant la saison, le site de Baerenthal figure désormais parmi les plus importants sites de migration suivis dans le Grand Est.
« Quand on a démarré, on ne savait absolument pas si l’on allait en sauver 100, 200 ou plusieurs milliers. Finalement, avec près de 3 000 individus recensés, cela devient déjà un site majeur », expliquent les associations impliquées dans le suivi.
Les observations ont permis d’identifier principalement des crapauds communs, représentant près de 90 % des effectifs, mais également plusieurs autres espèces comme la grenouille rousse, le triton alpestre, le triton palmé, le triton ponctué ainsi que quelques salamandres.
Entre 20 et 30 bénévoles se sont relayés quotidiennement depuis février pour assurer le bon fonctionnement du dispositif. Chaque jour, entre deux et sept personnes intervenaient sur le terrain afin de vider les seaux avant que les animaux ne souffrent de la chaleur ou ne deviennent des proies faciles pour certains prédateurs.
Lors d’une visite sur site, le vice président du département de la moselle, David SUCK a salué cet engagement collectif :
« Investir financièrement est une chose, mais faire vivre ce dispositif au quotidien grâce aux bénévoles et sensibiliser les jeunes générations est essentiel. Cette mobilisation permet concrètement d’agir pour la biodiversité locale. »
Des classes scolaires ont également pu découvrir le site et participer à des actions de sensibilisation à l’environnement.
Face au succès de cette première campagne, le Département de la Moselle a confirmé que l’opération sera reconduite l’année prochaine. Le dispositif pourrait même être étendu à d’autres secteurs identifiés comme points noirs pour les amphibiens.
Le coût de cette première installation est estimé à environ 5 000 euros. Les équipes techniques envisagent toutefois une mise en place moins coûteuse à l’avenir grâce à l’expérience acquise cette année.
Au-delà du simple sauvetage des amphibiens, cette opération met en lumière l’importance de préserver les écosystèmes locaux et démontre qu’une mobilisation collective peut avoir un impact concret sur la protection de la biodiversité.