À Bitche, en Moselle, les sociétés EMI et Trolitan, réunies sous la holding JEMGO, illustrent la vitalité et la résilience des PME industrielles françaises. Malgré une distance de 195 kilomètres entre leurs sites, ces deux entreprises créent des complémentarités industrielles et techniques fortes, couvrant un large éventail de besoins, depuis la production de petites séries très techniques jusqu’aux grandes séries complexes. Leur stratégie repose sur la synergie durable, l’innovation, la satisfaction client et la diversification de leurs activités.
La holding JEMGO a été conçue pour renforcer la complémentarité entre EMI et Trolitan. Elle permet un transfert des machines, des bonnes pratiques et du savoir-faire d’EMI vers Trolitan et assure l’intervention d’EMI en cas de problème technique chez sa filiale. Cette structuration répond rapidement aux besoins de clients variés et offre des solutions sur mesure dans des secteurs aussi divers que le médical, l’énergie, l’automobile, le transport, l’industrie et la défense.
Fondée en 1995 par Jean Pierre Wissler, EMI est d’abord née comme une entreprise familiale spécialisée dans l’injection des matières thermoplastiques et techniques, créée sur les traces du savoir-faire transmis par les générations précédentes. Située en Alsace, dans la région des trois frontières, EMI a été conduite vers une croissance constante avant d’être progressivement portée par Geoffrey Wissler, qui en est aujourd’hui le directeur général et CEO, tout en restant ancrée dans les valeurs familiales.
EMI utilise une large palette de matériaux, allant des polyoléfines et polypropylènes classiques aux plastiques techniques de haute performance, en passant par des thermoplastiques recyclables ou des composites à fibres de verre, choisis selon les contraintes mécaniques, thermiques et réglementaires des pièces. Ces matières coûtent entre 2 € et 150 € le kilo, selon leur complexité et leurs propriétés. L’entreprise maîtrise des procédés avancés d’injection mono, bi ou tri-matière, de surmoulage, d’injection gaz, de joint PUR, de tampographie et de surmoulage de câbles pour des applications industrielles, électriques ou automobiles.
EMI produit notamment des connecteurs et ensembles pour Schneider Electric, avec une capacité de production allant de 1,5 à 3 millions d’ensembles par semaine, chaque ensemble comprenant plusieurs pièces destinées à la connectique et à l’énergie. Elle fournit également des couvercles de batteries pour sous-marins nucléaires français pour le compte d’Exide, des composants pour l’industrie ferroviaire, ainsi que des pièces complexes pour le secteur photovoltaïque ou l’automobile. Dans tous les cas, EMI propose des solutions sur mesure là où la qualité, la fiabilité et la sécurité des pièces sont essentielles.
De son côté, Trolitan représente une véritable usine historique. Créée en 1953 au centre ville de Bitche, elle s’est fait connaître pendant des décennies pour la fabrication du célèbre circuit 24 pour enfants avant de s’installer en 2002 en zone industrielle pour se concentrer sur des productions industrielles. Aujourd’hui, Trolitan fabrique des poignées de bouteilles de gaz, des couvercles de batteries pour l’armée, des balises de communication ferroviaires, des boîtiers d’aiguillage de rails, des plaquettes isolantes pour disjoncteurs ainsi que des pièces de connectique électrique. Les matériaux utilisés comprennent des thermoplastiques recyclables, des thermodurs non recyclables pour des applications exigeantes, des polymères haute performance et de nombreux composites selon les besoins des clients.
Avant sa reprise en 2019 par la famille Wissler et David Fontaine, le chiffre d’affaires de Trolitan était tombé à 1 million d’euros par an. La reprise a permis de stabiliser l’entreprise, de conserver les 12 salariés en place et d’embaucher rapidement deux nouveaux collaborateurs, avec un objectif ambitieux de doublement du chiffre d’affaires et des effectifs dans les cinq prochaines années. Trolitan collabore aujourd’hui avec des clients prestigieux tels que Legrand, Schneider Electric, plusieurs sociétés spécialisées dans le ferroviaire et la défense, ainsi que des acteurs du secteur photovoltaïque et des nouvelles énergies.
Sous JEMGO, EMI et Trolitan développent des projets innovants dans des secteurs stratégiques allant de l’énergie à la défense, en passant par le médical, l’automobile et l’industrie lourde. Elles maîtrisent des technologies avancées comme le surmoulage complexe, la tampographie, l’injection de gaz et le surmoulage de câbles, tout en explorant des solutions de nanostructurations et d’hologrammes sur plastique, qui permettent des sécurisations uniques et des intégrations éco-conçues pour des produits grand public ou industriels.
Lors de sa visite, le sous-préfet Wassim Kamel a salué l’engagement et la vitalité de ces PME, soulignant l’importance de leur rôle dans l’économie locale. Il a rappelé que le chef d’entreprise s’engage sur un plan quinquennal visant à doubler les effectifs et le chiffre d’affaires, et que l’accompagnement nécessaire concerne avant tout le recrutement de personnel qualifié, plutôt que l’aide financière. Cette vision souligne l’importance de l’initiative privée et de l’investissement humain dans le succès industriel et la création de richesse locale.
Geoffrey Wissler a expliqué que la reprise de Trolitan en 2019 était motivée par la volonté de créer une croissance externe et de relancer une entreprise en difficulté. Depuis, la société a stabilisé ses finances, amélioré sa production et doublé son chiffre d’affaires en quelques années. Le directeur général a insisté sur le maintien du savoir-faire historique, la formation de jeunes techniciens et l’optimisation des capacités de production, y compris par l’ouverture de nouvelles équipes de nuit et de week-end. L’extension future des bâtiments est envisagée pour permettre à Trolitan de dépasser un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros par an.